Nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu.    2 Co 5:20               Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.        Jean 17:21      Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé.    Jean 15:12                De même, nous qui sommes plusieurs, nous formons tous ensemble un seul corps en étant unis au Christ. Et nous sommes tous unis les uns aux autres, chacun à sa place, comme les parties d’un même corps.    Romains 12:5          Si vous voulez recevoir la newsletter de l’Église Protestante Unie de Lyon... laissez votre email en cliquant sur contact
 
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Le Grand Kiff à Lyon : Jeunesse en liesse

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Plus d’un millier de jeunes réunis à Lyon, au Grand Kiff, le rassemblement initié par l’Église réformée de France.



Des ateliers bibliques très suivis, des concerts, un grand jeu de piste à travers la ville, un village de la Terre et de la Solidarité pour mieux s’engager dans le monde. Les 15-25 ans qui se sont retrouvés la semaine dernière dans la cité des gones sont repartis pleins de confiance et d’espérance.     

L’obscurité s’est faite. L’assistance est maintenant sagement assise devant la scène. A gauche, une fusée, prête à décoller ! Comme aux jeux Olympiques, le Grand Kiff a « sa » cérémonie d’ouverture. Sur scène, ils sont trois, joyeusement déguisés en extraterrestres, à « chauffer » la salle, deux pasteurs et un laïc. Ils déploient leur humour, créent de l’interactivité. Cela fonctionne ! La salle répond bien. Au dernier rang, Samuel Amedro, pasteur à Lyon et l’une des principales chevilles ouvrières du rassemblement, affiche son bonheur. « Heureux, oui, je suis heureux. »

Arrivés dans l’après-midi, les jeunes, en groupes le plus souvent, achevant à Lyon leurs camps d’été, sont au rendez-vous ! Une bonne moitié a revêtu le T-shirt du rassemblement. « Nous avons atteint les 1 100 inscrits », s’enthousiasme Samuel Amedro. Sa « jauge » est à 1 200. Au-delà, les capacités d’hébergement et de restauration seraient saturées. Le Grand Kiff s’est installé pour cinq jours sur l’immense campus universitaire et scientifique de la Doua, aux portes de Lyon. Le pari est d’ores et déjà gagné pour l’Église réformée de France (ERF) qui organise là, pour la première fois, un rassemblement national de jeunes, les 15-25 ans.

Rencontrer d’autres jeunes

Sur scène, les références cinématographiques s’enchaînent : 2001 : l’Odyssée de l’espace, La Guerre des étoiles, ET...La fusée (modeste) décolle (tout aussi modestement). Mais la salle applaudit ! Composé par Joël Dahan et joué à la guitare par Eric Galia (deux pasteurs, aussi), l’hymne du Grand Kiff, Donne-moi l’amour et la folie, s’installe dans les têtes. Chanteuse à Nashville, Andra Moran est aussi de la partie. « Un groupe de jeunes Français l’a rencontrée l’année dernière aux États-Unis, raconte Geoffroy Perrin-Wilm, chargé de mission jeunesse de l’ERF. Nous l’avons invitée à Lyon pour qu’elle puisse témoigner auprès des jeunes que sa foi et sa vie ne font qu’un. » À l’écart, Volatine, Misa et Fany gardent les bagages du groupe. « Nous attendons les clés de nos chambres », racontent-elles. Venues de la région parisienne, les deux premières, étudiantes à la Sorbonne, sont d’origine malgache et fréquentent des paroisses luthériennes. « J’ai déjà participé à des rassemblements régionaux, explique Volatine qui a commencé l’année dernière des études d’histoire de l’art. Là, ce n’est pas pareil, c’est national. Mon but surtout est de rencontrer d’autres jeunes. » Une volonté largement partagée parmi les « grands kiffeurs ».

Delphine, originaire de Lyon, s’est inscrite en individuelle. « Je connais surtout les groupes de jeunes de l’Armée du Salut », explique-t-elle. Au Grand Kiff, elle a déjà noué une amitié avec Cibee. L’une et l’autre affichent surtout le désir de rencontrer d’autres jeunes, bien sûr, mais chrétiens, pour partager avec eux.

Dans la vie ordinaire, effet de la sécularisation, elles vivent parmi des jeunes pour qui la foi est une chose incertaine, lointaine. Parfois, pourtant, elles sont aussi interpellées. « Cela intéresse les autres jeunes de savoir pourquoi je suis protestante, raconte Cibee. Ils s’aperçoivent bien que je ne suis pas une fondamentaliste ou une illuminée. » Le rassemblement de Lyon est une halte, un tremplin. « Du Grand Kiff, j’attends un ressourcement », souligne Delphine qui affiche une étonnante maturité pour ses dix-huit ans.

Car à Lyon, c’est la fête, bien sûr. Mais pas seulement. Les matinées sont plus spécifiquement spirituelles. La pédagogie est inventive mais déjà rodée. Un mariage réussi entre l’habitus joyeux des évangéliques et l’exigence réformée. Les jeunes sont invités à une traversée, découvrir le regard d’amour que Dieu porte sur eux, que chacun a une vocation à vivre, que la foi se partage et engage, que l’on vit par et pour les autres. Première surprise, les ateliers bibliques du matin font le plein. Les organisateurs tablaient sur une centaine de participants ; ils sont six fois plus !

Le thème de la conversion

Pasteur à Marseille, accompagnant un groupe d’une trentaine de jeunes de sa région, Frédéric Keller anime l’un de ces ateliers bibliques. Il s’appuie sur la peinture, celle du Caravage, le peintre italien du XVIIe siècle. Ce jour-là, il a choisi le tableau, La Conversion de Paul. Soutenu par des diapositives, le dialogue s’engage avec une assistance qui frôle la centaine de personnes. Pouquoi Paul est-il tombé sur le dos ? Que signifient tel geste ou telle lumière ? Les jeunes se prennent au jeu. « Peu savent, en fait, que ces tableaux racontent un épisode évangélique », remarque Frédéric Keller.

Le thème de la conversion s’inscrit parfaitement dans la démarche spirituelle du Grand Kiff, en trois volets : Dieu te cherche, Vis ta vie, Le monde est à nous. « Cette manifestation est une chance pour les jeunes. Il est important qu’ils découvrent qu’ils sont des membres à part entière de l’Église », poursuit Frédéric Keller.

Au début du culte, sur scène, l’inépuisable Corinne Akli, pasteur à Paris, épuisette à la main, est à la chasse aux... papillons, les animateurs qui encadreront, à travers Lyon, les groupes de l’après-midi pour un rallye découverte de la ville. Ils sont identifiables justement à leurs nœuds papillons ! Elle les place au premier rang pour accueillir le premier témoin du premier culte du Grand Kiff. Une vidéo est projetée. Mais qui est ce Marcel Manoël ? Un chanteur, un peintre ? Les jeunes interrogés sèchent. Une jeune fille brûle, gratifiant Marcel Manoël, du titre de président de la... Fédération protestante de France (FPF). Pas loin !

Mélanger les groupes

Le président du Conseil national de l’ERF fait son entrée sur scène. Décontracté et col de chemise ouvert, délaissant son éternel... nœud papillon, toujours préféré à la cravate. Interrogé par le pasteur Guillaume de Clermont, un peu à la manière d’un talk-show télévisé, Marcel Manoël aborde de manière très personnelle le thème « Dieu te cherche ».

Il évoque son enfance dans un milieu humble des Cévennes, les drames familiaux, la perte d’un enfant, l’épreuve intime de la maladie... « Nous sommes dans un monde où beaucoup de dieux nous cherchent mais ce sont des faux dieux », relève Marcel Manoël. Il encourage les jeunes à faire étymologiquement de la théologie. « La théologie, c’est parler de Dieu », dit-il.

La « confession » de Marcel Manoël fait mouche. « Beaucoup de jeunes ont été très intéressés par ce qu’il a dit », relève Christophe Desplanque, pasteur à La Rochelle. C’est le cas de Marine, dix-sept ans, venue d’un village près de Montbéliard. « J’ai bien accroché au témoignage », dit-elle. Au Grand Kiff, elle est une exception. Catholique au milieu des protestants, eux majoritairement insérés dans les groupes de jeunes des paroisses ou scouts. Marine, entraînée par une amie, fréquente un groupe de jeunes protestants. Pour le rallye à travers Lyon, elle a laissé quelques heures ses deux copines.

« La consigne est celle-là : mélanger les groupes », explique Christophe Desplanque. Et pour ceux, esseulés, qui ont fait le voyage à Lyon, l’occasion est donnée de nouer le contact. Edgar, à peine quinze ans, est de ceux-là. « J’ai choisi le Grand Kiff parce que je suis seul pendant mes vacances », dit-il. Touchant, un peu chrysalide appelée à devenir... papillon, il cherche des amis, une vie.

Avalé avant le périple, le pique-nique est bio et végétarien. « Nous, adultes, nous mettons beaucoup d’espoir dans ces jeunes. Peut-être y a-t-il parmi eux le futur président de la République ou de la FPF, s’enthousiasme Corinne Akli. Moi, j’ai été sauvée de la délinquance comme cela?; parce qu’une éclaireuse m’a tendu la main. »      

Un coup de maître

Les organisateurs du Grand Kiff à Lyon tirent un bilan satisfaisant de l’événement. Ni JMJ, ni rassemblement évangélique, la manifestation constitue une étape dans la dynamique jeunesse impulsée par l’ERF.

Un coup d’essai et un coup de maître? ! Mardi après-midi (à l’heure du bouclage de Réforme), les responsables du Grand Kiff affichaient leur satisfaction. Le premier rassemblement national de jeunes, organisé par l’Église réformée de France (ERF), est un succès. Par le nombre de participants, bien sûr mais pas seulement. « Nous voyons l’enthousiasme des jeunes », souligne Anne-Laure Danet, responsable du pôle formation de l’ERF et l’une des chevilles ouvrières du Grand Kiff. « Quand ils nous croisent, ils viennent spontanément nous remercier », poursuit-elle. Peu de jeunes ont, de fait, délaissé les activités.

Un succès aussi par l’investissement de ceux qui ont assuré les animations et les ateliers. « Le succès du Grand Kiff est un bon signe pour l’ERF, estime pour sa part Samuel Amedro. D’autant que nous avions plein de choses contre nous. » Lesquelles ? « Beaucoup de pasteurs fonctionnent de manière possessive avec leurs jeunes », lance le pasteur de Lyon. Les dates n’étaient pas non plus idéales.

Samuel Amedro pointe aussi les habitudes individualistes des réformés. « Nous avons réussi en étant nous-mêmes, poursuit-il. Nous n’avons pas fait de fausses JMJ catholiques, ni un faux rassemblement évangélique. » Une telle rencontre doit-elle et peut-elle être rééditée ? « L’objectif n’est pas d’aller d’un rassemblement à un autre, d’organiser un rassemblement pour un rassemblement, répond Anne-Laure Danet. Le Grand Kiff est une belle étape dans la dynamique jeunesse impulsée par l’ERF. » D’ores et déjà, les jeunes sont appelés à un nouveau rendez-vous, celui de « Protestants en fête », qui se tiendra du 30 octobre au 1er novembre, à Strasbourg. « Il est nécessaire que les jeunes sentent que l’Église, ce sont eux. Le Grand Kiff, me semble-t-il, est un temps fort d’ancrage », remarque Marcel Manoël, président du Conseil national de l’ERF.

Transmission

« Deux conditions sont nécessaires pour qu’une telle manifestation de jeunes puisse avoir lieu, pointe de son côté Samuel Amedro. Il faut une volonté politique car elle suppose un investissement financier. » Le budget du Grand Kiff avoisine, en effet, les 300 000 euros. La deuxième condition mise en avant par par le pasteur, c’est une équipe très mobilisée et « d’une fidélité sans faille ». Pour l’événement de Lyon, il s’est appuyé sur une équipe de pasteurs et de laïcs, le plus souvent ?issus eux-mêmes du scoutisme et qui ont jadis expérimenté, justement, la joie d’être ensemble... La transmission, c’est aussi cela !

Bernadette SAUVAGET, Réforme du 26 juillet 2009.

 

 
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